Intervention des élu-e-s insoumis-es au Conseil Municipal de Montreuil du 28 juin 2017

fiMonsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les élu-e-s, Mesdames, Messieurs

Je fais cette intervention au nom des élu-e-s de la majorité qui se reconnaissent dans la France insoumise : Laurent Abrahams, Franck Boissier, Riva Gherchanoc et moi-même (Capucine Larzillière).

Elu-e-s d’Ensemble ! et du Parti de gauche, au sein de la majorité municipale, nous participons depuis 2014 au groupe front-de-gauche et apparenté-e-s. Tout au long de ces trois années, nous y avons œuvré avec conviction.

Nous arrivons au terme d’une longue séquence électorale nous avons d’abord soutenu la campagne des Présidentielles du candidat Jean-Luc Mélenchon, puis celle de la France Insoumise pour les législatives. A l’issue de cette séquence, le champ politique apparaît profondément bouleversé. Nous avons vu en effet les citoyens exprimer, de diverses manières, leur volonté de tourner la page d’un système politique usé et discrédité. Ainsi le parti socialiste et les Républicains, partis autour desquels la vie politique de la Vème république s’était structurée, ont été très largement sanctionnés. Dans le même temps, l’abstention record, que nous devons avoir en tête en permanence dans chacun de nos choix a été une autre façon pour les électeurs et les électrices d’exprimer leur défiance tant vis-à-vis des institutions que de leur représentation. Enfin, il nous apparaît au terme de cette séquence que le Front de Gauche, s’est révélé incapable de porter au niveau requis, les aspirations sociales, écologiques et démocratiques qui étaient à l’origine de cette alliance.

Dans beaucoup d’endroits et tout particulièrement à Montreuil, nous avons également vu l’élan dont a bénéficié la France Insoumise qui s’est manifesté par plus de 40 % de voix pour jean Luc Mélenchon à la présidentielle et par l’élection d’Alexis Corbière à l’Assemblée nationale, avec 16 246 électeurs et électrices de la circonscription.

19260456_1700511133586917_2323688065736530981_nAujourd’hui, nous nous inscrivons dans cette dynamique et nous souhaitons nous faire le relais de la France Insoumise au sein du conseil municipal.

Plus largement, nous appelons les Montreuilloises et les Montreuillois, qui se reconnaissent dans le programme de l’Avenir en Commun, à construire ce mouvement qui entend combattre les politiques d’austérité, poussées à l’extrême, annoncées par le Président Macron et son gouvernement dirigé par la Droite.

C’est également au travers des luttes sociales multiformes que se construit une voix forte de résistance et d’espoir. C’est dans cette dynamique debout et insoumise que nous nous plaçons.

En effet, avec l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, désormais appuyé par une large majorité parlementaire, c’est à une offensive majeure contre les libertés, les droits sociaux et les services publics que nous allons devoir résister sur le plan social comme sur le plan politique. Les collectivités locales qui ont été pendant le mandat de François Hollande une cible importante des politiques d’austérité vont de nouveau être dans la ligne de mire de la baisse des dépenses publiques qui met en péril chaque année davantage leur libre administration, leur capacité à répondre aux besoins en matière de logement, de santé ou de lutte contre les discriminations et plus généralement à la qualité des services publics de proximité.

Face à ces attaques, les municipalités restent, aux yeux des habitant.e.s, un instrument important pour construire une résistance à l’échelle locale et pour soutenir ou favoriser la capacité des habitantes et des habitants à s’organiser.

C’est pourquoi, à mi-mandat municipal, il est temps de faire l’examen des trois premières années d’exercice. Nous nous inscrivons avec conviction dans la majorité municipale au nom du mandat donné par les Montreuilloises et les Montreuillois en 2014, d’agir pour la défense des services publics et de faire face ensemble aux politiques d’austérité et à leurs conséquences pour les habitantes et les habitantes. À ce titre, les prétentions de l’ex-candidate de la République en Marche à l’élection législative à défendre ses positions au sein de la majorité municipale nous paraissent particulièrement contradictoire et nous souhaitons qu’une clarification rapide soit effectuée.

Pour notre part nous voulons cependant porter la nécessité d’une réorientation de l’action municipale. Cette volonté politique doit s’illustrer sur un certain nombre de sujets parmi lesquels :

– les conditions de travail et de remplacement du personnel communal

– la révision complète du projet engagé sur le site EIF au cœur des Murs à Pêches,

– l’arrêt immédiat de l’installation des compteurs Linky au sein de l’OPH de la ville que Vous seul, monsieur le Maire, en votre qualité de président, pouvez demander officiellement au nom des locataires,

– le explicite de l’attitude technocratique de la Métropole du Grand Paris qui au travers d’une co-gouvernance droite-gauche anesthésie tout débat démocratique et occulte la volonté populaire.

– et enfin l’engagement d’oeuvrer en faveur d’une régie publique de l’eau, alors que l’occasion se présente concrètement au cours de l’année 2017 au niveau d’Est-Ensemble et de la municipalité. A ce titre nous regrettons le refus de tous les groupes de la majorité de présenter un vœu ce soir en ce sens comme l’a fait la ville de Bagnolet lors de son conseil de mars dernier.

Tel est l’esprit avec lequel nous, élu-e-s qui nous reconnaissons dans la France Insoumise, entendons prendre nos responsabilités, pour participer à la réussite de cette deuxième partie de mandat, tout en continuant à travailler pour qu’une 6ème république sociale, écologique et démocratique rendent les moyens à l’échelon communal d’exercer ses compétences et qui redonne fierté et envie de s’engager à ses citoyennes et citoyens.

Capucine Larzillière