Non à l’école traditionaliste et néo-libérale qui s’installe à Montreuil

projet-ecole-Esperance-banlieusNous venons d’apprendre que la fondation « Espérance banlieues » avait comme projet d’installer une de leur école sur le territoire de Montreuil.

Mais quelle est donc cette fondation ?

Tout d’abord, il faut savoir que cette fondation prétexte de vouloir « favoriser l’accès de tous les enfants de banlieue à une instruction de qualité », et « transmettre la connaissance et l’amour de la culture française » et se targue d’avoir le non-moins médiatique Harry Roselmack comme parrain. « Très bien » direz-vous ou encore « quel beau programme! ». Mais la réalité est tout autre.

L’Opus Dei et le monde de la finance au secours des quartiers

« Espérance banlieues » vient d’abord surfer sur l’image dégradée de l’école publique, en ouvrant depuis 2012 dans des quartiers défavorisés des écoles hors contrat aux méthodes très alternatives, avec port de l’uniforme, différent pour les filles et les garçons, levée du drapeau, vouvoiement … Donc sous prétexte de vouloir palier aux manques de l’école de la République, c’est un programme de formatage idéologique de nos générations futures qui est orchestré, orienté par les adeptes de l’Opus Dei et le monde de la finance (Cf. Cartographie d’une nébuleuse).

L’école des réac-publicains – Cartographie d’une nébuleuse (Crédit : questionsdeclasses.org)

Une analyse de la fondation

Comme l’explique Grégory Chambat (Enseignant depuis 1995), dans son analyse de la fondation : « L’école et sa fondation apparaissent comme la vitrine savamment agencée par des experts en marketing d’un courant structuré qui entend en finir avec le service public d’éducation et développer en France un réseau d’établissements scolaires hors-contrat. » (http://www.questionsdeclasses.org/reac/?Les-ecoles-Esperance-banlieues)

De plus il souligne dans ses premiers paragraphes l’importance d’aller se plonger ou replonger dans les livres d’Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi (Main basse sur l’école publique, Demopolis, 2008 et La République contre son école, Demopolis, 2011) afin de comprendre « l’histoire de cette sainte alliance des libéraux défenseurs d’une école marchande et des traditionalistes rêvant de voir les Églises retrouver le monopole, perdu depuis plus d’un siècle, de la formation des esprits en France ». Une alliance qui s’inspire « directement de la lettre et de l’esprit du programme défendu en matière d’éducation par par le Front national et certains de ses think tanks, tel le Club de l’Horloge, mais aussi plusieurs associations catholiques intégristes, dont quelques-unes sont réputées, à juste titre, proches de l’Opus Dei. »

Les médias catholiques et la finance en soutien

(Credit : QuestionsdeClasse(s) @Questions2C)

A ne pas en douter, cette fondation est belle est bien traditionaliste et ultra-libérale, d’autant qu’elle est soutenue par les médias catholiques (La Vie, Familles Chrétiennes, Radio Vatican) mais aussi des néo-libéraux tendance réactionnaires (Atlantico, L’Opinion, Contrepoints, Valeurs actuelles …) comme en atteste la page « revue de presse » du site d’« Espérance banlieues ».

Et on oubliera pas non plus de vous parler de ceux qui financent cette fondation, comme la fondation Bettencourt-Schueller, Thales, Bouygues, Axa…

Mais aussi des liens précieux avec la  » Fondation pour l’école  » dont sa directrice générale, Anne Coffinier, est une des figures de la  » Manif pour tous  » ! Qui fait d’ailleurs la promotion d’une Institution Libre de la Formation des Maîtres (ILFM). Dont la directrice, Marie de Préville, catholique traditionaliste, précise la mission : « l’ILFM entend participer à la réconciliation entre la foi et la raison : la catholicité d’une école ne réside pas dans une parenthèse cathéchétique plus ou moins nourrissante. Elle doit irriguer tous les cours. » Tout est dit !


Des liens avec le programme de E. Macron

A cela vous y ajoutez qu’Eric Mestrallet, fondateur de l’association Espérance Banlieues et vice-président de la  » Fondation pour l’école « , est un des intervenants dans le volet éducation du programme présidentiel d’Emmanuel Macron (http://www.leparisien.fr/boulogne-billancourt-92100/le-mouvement-d-emmanuel-macron-vient-parler-education-a-boulogne-20-12-2016-6478683.php).

Il ne nous en fallait pas moins pour nous faire faire des bonds, à Alexis, Laurent, Riva et moi, et de nous indigner de l’installation de ce type d’école et du travail idéologique ultra-libéral qui sera mené sur les enfants de nos quartiers.

Pour nous c’est l’école de la République !

Pour nous l’école de la République est et doit rester celle qui forme et émancipe nos futur-e-s citoyen-ne-s.

Dans le programme de La France insoumise et porté par Jean-Luc Mélenchon :

livret-education l’Avenir en Commun et notamment dans son livret thématique « L’école de l’égalité et de l’émancipation « , il est rappelé :

« L’éclatement de l’Éducation nationale (EN) a ouvert la porte à la marchandisation et à la privatisation de certains de ses secteurs. Une ministre confie à Microsoft la formation des enseignants au numérique. Un recteur sous-traite à Teach for France – un organisme privé – le recrutement et la formation de certains contractuels. Le Medef fait pression pour imposer ses contenus d’enseignement et l’institution multiplie les partenariats avec les entreprises du CAC 40.  »

Notre projet : instruire et qualifier tous les enfants de la République et pour cela nous voulons le meilleur pour tous les élèves : réussite scolaire et professionnelle, plaisir à apprendre, joie à fréquenter l’école, accomplissement individuel.

Nous ne vous ferons pas le détail ici de l’ensemble de notre programme sur l’éducation, mais nous vous invitons à aller le lire en ligne ici ou le demander à un-e de nos militant-e que vous pouvez rencontrer dans Montreuil sur nos différentes actions.

Vous pouvez compter sur nous et notre ami Alexis Corbière pour défendre l’école de la République.

Franck Boissier