Libéré.e.s, délivré.e.s

En deux semaines, le paysage politique est débarrassé des deux derniers présidents qui cherchaient à poursuivre leurs besognes. Ce sont maintenant leur premier ministre qu’il faudra congédier.

648x415_montage-20-minutes-alain-juppe-nicolas-sarkozy-francois-hollandeLes militant.e.s de droite n’ont pas choisi le « meilleur d’entre eux » comme était surnommé Juppé par Chirac, mais ils et elles ont fait le choix de Fillon c’est-à-dire le « collaborateur » du pire d’entre eux, pour notre modèle social. C’est un programme réactionnaire, antisocial, anti écologique et traditionaliste qui lui a permis de s’imposer dans son camp. Ce programme, que des sondeurs décrédibilisés par leurs horoscopes foireux veulent nous présenter comme attendu par des millions de français.e.s, est à des années lumières des attentes que partagent les montreuilloises et les montreuillois. Je n’ai pas rencontré de foules enthousiastes à l’idée de supprimer l’impôt sur la fortune que paient 340 000 personnes en France. A Montreuil, en 2015, selon le ministère, 231 foyers étaient assujettis à l’ISF pour un patrimoine moyen de 2 316 897 euros et ont du régler, en moyenne, la somme de 8900 euros d’impôt sur la fortune. J’imagine que nombre de foyers montreuillois aimeraient pouvoir contribuer comme eux à 0.38% sur un patrimoine conséquent.

Je ne connais pas ces gens qui rêveraient d’une guerre contre la sécurité sociale c’est-à-dire contre ceux et celles qui sont, seront ou ont été malades c’est-à-dire tout le monde. Car le projet de Fillon c’est de réduire la sécu à un croupion de protection, laissant le soin à chacun de s’assurer dans le privé pour le reste qui deviendra rapidement le principal.

Je n’ai pas entendu, même et surtout dans  » la France qui se lève tôt », qu’il y ait eu un engouement pour travailler 48 heures par semaine et dire adieu aux heures sup. Certains diront que nous vivons dans un îlot de gauchistes idéalistes qui ne sont pas « responsables » et qui n’ont aucune idée de la « réalité » des biens faits de la concurrence libre et non faussée. Ou alors, c’est que dans leur immense majorité les habitant.e.s de cette ville et de ce pays sont attaché.e.s à l’adjectif « sociale » qui accompagne la République jusque dans l’article 1 de notre constitution.

conseil_national_resistance_cnr_1944-1Quant au PS, même Hollande n’y crois plus. Je suis désolé pour les miltant.e.s qui, sincères, ont été convaincus par les promesses du Bourget et ont convaincu nombres de jeunes et moins jeunes que la page Sarko serait tournée. Hélas, c’est juste un chapitre du même scénario, austéritaire, dicté par le MEDEF et l’Europe de Merkel qui a été écrit durant ce quinquennat. Le Gouvernement a si bien appliqué sa politique libérale que la droite se sent obliger, maintenant, de promettre le programme de Thatcher qui a pourtant a conduit au chômage de masse et aux crises à répétition.

La déprimante primaire du PS a réussi a dégouté même les partis qui faisaient de cette primaire de gauche l’alpha et l’oméga de cette campagne. Ni EELV, ni le MRC, ni le PCF, ni même le PRG, qui participe pourtant au gouvernement, ne souhaite s’afficher avec le PS ! Les dirigeants socialistes qu’ils soient frondeurs ou pas n’ont servis à rien pour le progrès social et écologique durant ces cinq années. Certain.e.s vont se présenter à cette primaire et par un tour de passe passe vont tenter de nous faire croire qu’ils ou elles pourraient être plus utiles maintenant. Avec le  PS, ces candidats. à la primaire avaient tous les pouvoir en 2012 , ils et elles n’en ont rien fait. Que feraient-ils de plus, de mieux en 2017? Difficile de le savoir puisque le PS n’a même pas cru utile de rédiger une ligne de programme!

Les nouveaux mots d’ordre de la « gôche de gouvernement », comme elle aime se définir, pour contrer Jean-Luc Mélenchon, c’est l’injonction à participer à la primaire. La réunion de la Belle Alliance Populaire créée pour organiser, cette primaire, a toutes les difficultés à rassembler l’aile droite du PS et voudrait donner des leçons de rassemblement. L’aile gauche du PS n’arrive pas à s’organiser pour avoir un candidat face à Montebourg et Valls et voit Mélenchon en grand diviseur.

Portant, éditorialistes et dirigeants socialistes qui n’ont aucune envie de voter Mélenchon vont continuer à marteler leur pseudo appel à l’unité d’une gauche qu’ils ont ancrée par leur CICE, loi travail et autre déchéance de nationalité dans le camp de la droite.

Mais qui peut croire que les gens qui se sont engagés dans la démarche de la France Insoumise suivraient JLM s’il participait à cette primaire PS ? Les mêmes qui argumentent contre la personnalisation de la campagne de Mélenchon finissent par croire à leur propre propagande en voyant la  France Insoumise comme un fan club.

14947563_10209122465753366_2252109993911663574_nLa France Insoumise est une construction, certes , jeune et fragile, mais elle est politique. Ce qui veut dire que ceux et celles qui s’impliquent dans la campagne le font pour des objectifs politiques qui sont pour la plupart incompatibles avec le programme que le PS a déroulé pendant ces 5 années.

La France insoumise n’est pas un parti politique, et pour avoir assisté à certaines réunions de circonscription, se serait bien plus simple si c’était effectivement un parti. Mais sa dynamique tient aussi au fait que ce n’est pas un parti, mais un cadre politique capable accueillir largement. Et, après les votes d’Ensemble et du PCF l’espace politique de la France Insoumise pourrait être le lieu de discussion pour affronter les obstacles qui sont encore devant nous. Un espace ouvert, où chaque formation peut discuter sans renoncer, ni à son histoire particulière ni à ce qu’il est et ce qu’il porte..

15350529_1827919084093398_2974720897289563618_nComme le disait Clémentine Autain, à la rencontre du Front Commun samedi à Montreuil, «  nous avons maintenant des problèmes de riches ». Nous avons un candidat qui peut porter nos aspirations en tête de la gauche voir en tête tout court, nous ne manquerons pas de candidat.e.s pour former une majorité à l’assemblée nationale et engager l’Avenir en Commun et la 6ème République.

Il nous reste donc à trouver, calmement, les modalités pour être le plus efficace possible et transformer, cette fois, la dynamique naissante en victoire.

Laurent Abrahams