Pourquoi faut-il soutenir la première maternité de France ?

logo-bluetsTout d’abord je commencerais par vous expliquer qu’avec 3200 naissances par an, la première maternité de France c’est la maternité des Bluets. Celles et ceux qui connaissent déjà m’excuseront pour cette petite présentation reprise du site internet de la maternité. Vous retrouverez également plus bas l’historique de l’Association Ambroise Croizat.

« Officiellement, les Bluets se sont appelés jusqu’en 2006 Hôpital des Métallurgistes Pierre Rouquès, rappelant que la responsabilité médicale est confiée, à la réouverture de la « Polyclinique », en mai 1945, au docteur Pierre Rouquès, médecin résistant.

Depuis notre emménagement dans le 12ème arrondissement en février 2007, les bluets se nomment maintenant Hôpital Pierre Rouquès « Les bluets », intégrant le nom de la rue qui a fait sa notoriété.

Mais, pour le plus grand nombre, en France mais surtout à l’étranger, c’est bien le nom de Fernand Lamaze qui s’attache à notre établissement puisque que c’est bien des « Bluets » , alors qu’il est chef du service maternité de l’hôpital, que cet accoucheur milite dès 1952 pour introduire en France les premières pratiques de préparation à la naissance, l’’Accouchement Sans Douleur (A.S.D.).

Notre établissement ESPIC (Etablissement de Santé Privé d’Intérêt Collectif), adhérent à la FEHAP (Fédération des Etablissements Hospitaliers et d’Assistance Privés à but non lucratif), est géré par l’’Association Ambroise Croizat (Association loi 1901), avec trois autres établissements de rééducation professionnelle (CRP) qui permettent à des salariés en situation de handicap suite à un accident du travail, une maladie professionnelle ou un accident de la vie d’acquérir une nouvelle qualification dans un nouveau métier. Ambroise Croizat, en hommage au ministre du travail sous l’impulsion duquel fut créée la Sécurité Sociale en 1945. »

Après cette explication nous voilà donc au propos de cette note : Pourquoi faut-il soutenir la maternité des Bluets et l’Association Ambroise Croizat ?

La question qui se pose concrètement aujourd’hui n’est tout autre que celle-ci : Le ministère de la santé veut-il vraiment sauver la première maternité de France ?

Au moment où vient d’intervenir la signature d’un protocole entre l’ARS Ile-de-France et l’Association Ambroise Croizat (AAC), considéré comme une réelle avancée pour l’avenir de cet établissement, tout dénote dans les faits, d’une volonté des pouvoirs publics de conduire les Bluets à l’asphyxie.

La maternité a besoin actuellement de 2 chirurgiens en soutien aux équipes pour les 700 bébés qui vont naître en fin d’année. Or à ce jour, l’ARS refuse de lui accorder ces moyens afin d’assumer cette mission de service public, contrairement aux engagements pris. 3 200 accouchements sont pratiqués chaque année aux Bluets et 2 500 sont d’ores et déjà programmés en 2017.

L’ARS veut imposer à la direction des Bluets de réorienter 800 futures mamans vers d’autres structures inconnues et dans l’urgence. Plutôt que d’œuvrer concrètement au transfert de 2 médecins sur les Bluets. Faisant un choix assumé de détériorer la qualité de la prise en charge médicale des futures mamans et de les exposer à des risques au motif de les protéger.

Quelle est donc la priorité de Santé Publique dans les orientations ministérielles ?

A l’heure de la tarification à l’activité, cette décision programmerait une chute considérable des recettes et de fait la disparition de la maternité des Bluets. Impliquant par effet domino, la fermeture des 3 centres de réadaptation de l’Association (Dont Jean-Pierre Timbaud à Montreuil), déjà malmenés par un plan d’économie drastique exigé par l’ARS 75 depuis plusieurs années. Elle mettrait ainsi en difficulté, du jour au lendemain, la formation de 700 travailleurs en situation de handicap et plus de 550 salariés. Les CRP de l’AAC accueillent aujourd’hui 20% des stagiaires en situation de handicap en Ile de France.

Le succès et la notoriété des Bluets (Labellisée “Ami des Bébés”) reposent sur une approche singulière de la parentalité et des droits de la femme. Ils reposent aussi sur une activité de recherche et l’exploration de nouvelles pratiques de soin (introduction de l’acupuncture, de l’hypnose, de l’ostéopathie, etc.)

Soutenir la maternité des Bluets et l’Association Ambroise Croizat c’est :

– Exiger de l’ARS la tenue de ses engagements et qu’elle donne les moyens aux établissements de l’AAC d’assurer leur mission.

– Affirmer qu’une autre politique de santé et d’action sociale est possible.

Pour aller plus loin, exigeons ensemble le retrait de la loi santé et une loi de finance de la Sécurité Sociale 2017 à la hauteur des besoins des usagers et des salariés.

La pétition lancée pas les syndicats CGT des établissements de l’AAC: Pour signer c’est ici

Franck Boissier


Historique de l’AAC :

Notre histoire, est ancrée dans celle du mouvement ouvrier, porteuse de valeurs essentielles : la solidarité, la fraternité et le respect mutuel.

C’est à la faveur du grand mouvement populaire de 1936 que les organisations syndicales réinvestissent dans la formation (pendant l’entre-deux-guerres, le patronat et l’Etat avaient pris en main l’essentiel de l’apprentissage et de la formation professionnelle).

Les métallurgistes CGT parisiens mettent alors en œuvre une stratégie novatrice : exercer les droits acquis pendant cette période en créant des lieux et des pratiques. Ils se constituent donc un patrimoine, afin de créer des établissements pour exercer des œuvres sociales touchant la formation, la santé et les loisirs.

Le 2 mai 1937, ils ouvrent une école de rééducation et de perfectionnement professionnel. A la même époque, ils acquièrent l’hôpital des Métallurgistes Pierre Rouquès, connu sous le nom des Bluets. L’acquisition de ce patrimoine sera facilitée par la forte syndicalisation qui vient de s’opérer : leurs effectifs passent de 10 000 à 250 000 syndiqués, les cotisations aussi. Afin de gérer ce patrimoine, l’Union Fraternelle des Métallurgistes CGT d’Ile-de-France (UFM) est créée en 1938.

Après la Seconde Guerre Mondiale, la population d’handicapés est estimée à 1 500 000 sur une population active de 15 000 000 de personnes. En outre, le secteur industriel a besoin d’1 500 000 ouvriers professionnels. Le 5 octobre 1950, l’UFM décide, à la demande de la Sécurité sociale, de créer un centre de rééducation professionnelle pour travailleurs handicapés : c’est le Centre Suzanne MASSON.

Au début des années 70, il manque 7 000 places dans les centres de rééducation pour travailleurs handicapés. L’UFM a alors acquis, au cours des vingt années d’activité du Centre Suzanne MASSON, une sérieuse expérience dans le domaine de la rééducation professionnelle des travailleurs handicapés. Les services du reclassement professionnel de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de Paris décident donc de la solliciter pour qu’elle augmente la capacité d’accueil du Centre.

En 1973, le Centre Suzanne MASSON est reconstruit et agrandi. En 1974 débute l’étude de la création du Centre Jean-Pierre TIMBAUD qui ouvrira ses portes le 2 janvier 1984, à 168 stagiaires. Aujourd’hui, il en accueille 283.

Et en 1985, le Centre Louis Gatignon ouvre à son tour ses portes à Vouzeron, dans le Cher.

La même année, les métallurgistes d’Ile-de-France décident de créer l’Association Ambroise Croizat, à laquelle ils confient la gestion de l’ensemble des établissements.