« Périmètre et siège de l’établissement public Est-Ensemble », pourquoi nous n’avons pas pris part au vote

Lors du conseil municipal du mercredi 30 septembre, nous n’avons pas souhaité participer au vote de la délibération relative à « l’avis du conseil municipal sur le projet de décret en Conseil d’Etat fixant le périmètre et le siège de l’établissement public Est-Ensemble ». Voici pourquoi : Nous partageons l’analyse de la loi Notre (Nouvelle organisation territoriale de la République) qu’a développée Jean Charles Nègre.


Cette loi, qui met en place la métropole du Grand Paris, les élus-e-s du Front de gauche s’y opposent. Non pas que la solidarité régionale ne soit pas un enjeu : enjeu de justice sociale et écologique entre des territoires aux niveaux de richesse très inégaux, enjeu de lutte contre le mal logement, contre le mal transport et bien d’autres. Mais, la mise en place de la métropole du Grand Paris, loin de répondre à ces enjeux, constitue un recul démocratique, une recentralisation des décisions qui les éloignent des citoyens, et une accentuation de la compétition des territoires. Ainsi, dans le domaine des transports, la priorité est donnée non pas à résorber les fractures géographiques dans les mobilités, mais à la connexion des aéroports internationaux et des technopôles.

Cette réorganisation territoriale aurait nécessité un grand débat démocratique. Au lieu de cela, tous les conseils municipaux au travers de délibération comme celle qui nous occupe, reçoivent de l’État une injonction à donner un avis consultatif sur un décret délimitant le périmètre et le siège des établissements publics territoriaux qui ne sont plus une association volontaire des communes mais deviennent une obligation légale imposée par l’État.

Cette délibération sous couvert de définir le périmètre et le siège de l’Établissement public territorial, constitue le premier acte de la mise en place de cette loi. C’est pourquoi, compte tenu à la fois de l’orientation libérale qui sous tend le projet de métropole mais aussi de la manière autoritaire dont l’État la met en place, avec plusieurs élu-e-s du groupe Front de gauche, membre d’Ensemble! et du Parti de Gauche, nous ne prendrons pas part au vote sur cette délibération.

Laurent Abrahams, Franck Boissier, Riva Gherchanoc, Capucine Larzillière.