Conseil municipal du 13-12-17 : Intervention de Franck Boissier sur la modification n°1 du budget primitif

 

Délibération 3 – Décision modificative n°1 budget primitif

Chères montreuilloises, chers montreuillois, chers collègues, monsieur le Maire,

Le fronton de notre maison commune affiche la volonté de notre municipalité de lutter contre l’austérité, seul horizon du gouvernement. Nos services publics et celles et ceux qui les font fonctionner sont en danger. Oui en danger ! Et celui-ci est bien réel, car il se niche dans les règles budgétaires du gouvernement qui imposent chaque fois un peu plus de pression sur les budgets de fonctionnement et sur les dépenses de personnel des municipalités. C’est pourquoi le 16 novembre dernier notre municipalité a fait le choix de fermer les services de la ville pour sensibiliser la population et ainsi montrer ce que serait Montreuil avec encore des baisses drastiques des finances de notre commune, une « Ville morte » !

Si l’État peut lui voter des budgets en déséquilibre, une ville n’en a pas le droit et s’exposerait à ce que le préfet choisisse lui-même les coupes à effectuer. Au regard des orientations nationales défendues par un président au service des plus riches, ces coupes feraient immanquablement des victimes parmi les plus précaires, parmi celles et ceux qui ont le moins de ressources.

Mais comme cette règle ne suffit pas à uniformiser toutes les politiques locales, d’autres règles plus insidieuses sont à l’œuvre pour mettre au pas les communes qui résistent.

Aujourd’hui les collectivités territoriales assurent plus de 70% de l’investissement public de notre pays, comme pour tout investissement visant à construire l’avenir, les communes ont recours à l’emprunt. Ces organismes posent donc des conditions à leurs prêts et l’une de ces règles est que les villes affichent une baisse de leur dépense de fonctionnement et plus précisément les dépenses de personnel. C’est la règle que nous impose le président des riches, sacrifier le service public en réduisant le nombre d’agents qui le font vivre, pour enrichir toujours plus les plus riches!

C’est dans ce cadre que le budget prévisionnel prévoyait une baisse des dépenses de personnel. Quelques décisions de-ci de-là, à visée électorale lors d’une campagne présidentielle, et finalement avortées, plus un point d’indice enfin revalorisé, ont eu raison de ce projet. Comme pour tant d’autres décisions gouvernementales les communes doivent assumer localement des décisions prises contre leurs politiques locales. Cette décision modificative, bien que relative, prend en compte ces décisions.

Prochainement nous aurons à nous prononcer sur un nouveau budget dans des conditions qui ont rarement été aussi floues. Quelle sera la compensation de la fin programmée de la taxe d’habitation ? Quelles seront les conditions posées par l’État pour avoir accès au Fond d’investissement local ? Quelle liberté la contractualisation des dotations laissera-t-elle aux exécutifs locaux ? Jusqu’où iront les baisses de dotations aux collectivités ? Comment l’état compensera–t-il les coûts faramineux, largement sous-évalué dans le budget Macron, des cadeaux fait aux plus riches comme par exemple la flat-taxe, des dividendes qui pourrait coûter à terme dix fois plus que ce que le gouvernement a prévu ?

Notre majorité avait fait le choix d’avoir un Budget primitif le plus proche possible de la réalité pour que chacun et chacune puissent se positionner le plus précisément possible. Mais aujourd’hui c’est la réalité elle-même qui est mouvante. Ces décisions nationales, ne permettent plus aux élu.e.s que nous sommes de voter en ayant tous les éléments, elles alimentent la défiance que les citoyennes et citoyens manifestent de plus en plus à l’égard des politiques, elles mettent sous pressions des administrations locales qui doivent s’adapter en permanences en fonction de nouvelles règles quand ce ne sont pas des annonces médiatiques qui font office de politiques publiques.

Il convient donc ici de saluer le travail des agents.e.s de la commune qui doivent subir un tel calendrier gouvernemental.

Plusieurs villes de Seine-Saint-Denis et proche, ont fait le choix d’aller au combat. De mobiliser, d’informer, de sensibiliser leurs agents et leurs habitant.e.s. Aujourd’hui, des élu.e.s et habitant.e.s des villes de l’île Saint-Denis, d’Aubervilliers, de La Courneuve, de Fontenay-sous-bois, de Gennevilliers, de Saint-Denis, de Villetaneuse et de Stains, se sont rassemblé.e.s devant l’Assemblée nationale pour protester contre ces règles budgétaires qui saignent nos communes depuis plus de 30 ans , qui creusent les inégalités entre les territoires, en faisant de nos quartiers populaires, les laboratoires de la misère, en mettant en péril les droits sociaux et en organisant de fait la destruction des services publics locaux.

Au-delà de ces combats auxquels il faut participer, nous élu.e.s de la France insoumise pensons qu’il est primordial de travailler nos prochains budgets avec l’ensemble du personnel communal et les habitant.e.s de Montreuil, en organisant prochainement un débat budgétaire large, voir en proposant des assises des finances publiques locales.

Nous soutiendrons toutes les actions qui viseront à faire reculer le projet d’austérité du gouvernement, afin que les communes restent les garantes locales de l’accès de toutes et tous à des services publics de qualité et à des conditions de travail sereines des agent.e.s.

Nous voterons pour cette décision modificative qui permet aux dépenses de personnel d’atteindre le niveau qu’elles avaient atteint l’an passé.