Intervention suite à la prise de parole du collectif des riverains et parents d’élèves sur la situation de l’usine SNEM

Intervention de Riva Gherchanoc au conseil municipal du 27 septembre 2017

Monsieur le Maire,

Mesdames, messieurs les élu-e-s,

Chères montreuilloises et montreuillois,

Je prends la parole pour vous répondre en tant qu’adjointe à la santé, responsable sur le suivi du dossier de l’usine SNEM.

Je comprends les inquiétudes légitimes que vous exprimez en tant que riverains et parents d’élèves et je les partage. Oui cette usine est problématique. Mais permettez moi de donner quelques éléments de contexte pour celles et ceux qui nous écoutent et regardent ce soir et qui ne connaissent pas le sujet.

Dès que j’ai été alertée fin juin, début juillet, j’ai pris en charge sérieusement ce dossier aux côtés du maire, et je me suis d’ailleurs rendue sur place avec vous à l’usine par ce jour de grande pluie, accompagnée de deux autres élues. Dans le même temps, le Maire et moi-même étions en lien avec la préfecture et nous avons demandé que des études soient réalisées sans attendre. Nous avons pris cette responsabilité concernant les écoles et la préfecture concernant le voisinage et l’usine. A cela s’ajoute une étude épidémiologique relative aux deux cas de leucémies pédiatriques.

Une réunion s’est ainsi tenue le 31 août en mairie à l’initiative de la préfecture et une seconde se tiendra courant octobre pour faire état de l’ensemble des études réalisées et finalisées.

J’ai fait savoir que la municipalité demanderait la suspension immédiate de l’activité de l’usine mi-novembre si le gérant ne rémédiait pas aux trois non-conformités notables relevées suite à l’inspection réalisée de la DRIEE : stockage et élimination des déchets et problème de ventilation.

C’est un premier cap qui a été franchi avec cette mise en demeure qui cette fois-ci pourra être suivie de sanctions du code de l’environnement, à savoir des pénalités financières et/ou la suspension d’activités, autrement dit une « fermeture » provisoire de l’usine.

Nous restons à l’écoute et à la disposition de la FCPE que nous avons reçu en début de semaine, également des riverains que nous avons reçu dans l’urgence en mairie cet après-midi suite à la réponse violente apportée par les forces de l’ordre devant l’usine.

D’ailleurs je veux dire que la libération immédiate des deux parents d’élèves en garde à vue a été de suite demandée, de même que l’abandon des poursuites engagées.

Les rapports quant à la qualité de l’air intérieur dans les écoles ne démontrent pas de pollution en lien avec les activités de l’usine et écartent tout danger immédiat pour la santé des enfants. Il en est de même pour le voisinage quant à la qualité de l’air.

Je reste toutefois inquiète aujourd’hui quant à la santé des salariés à qui j’ai rendu visite deux fois,  par l’intermédiaire du syndicat et son réprésentant du personnel, et hier lorsque je me suis rendue sur place rencontrer les salariés. La mauvaise situation financière de l’entreprise n’augure rien de bon.

C’est un débat politique alliant questions sociales, sanitaires et écologiques qui se posent en effet aujourd’hui dans notre ville, et ce, grâce à la mobilsiation citoyenne de riverains et de parents d’élèves. D’ailleurs nous avons de suite demandé la libération immédiate des deux parents d’élèves et l’abandon des poursuites engagées.

A nous, à présent, ensemble, de trouver de poursuivre les réflexions et les moyens d’actions qui n’opposent pas les uns aux autres.

Ensemble, menons à bien les conditions et l’exigence d’une éventuelle fermeture du site et/ou de déménagement de l’usine, sans que les salariés ne perdent leur emploi et que la SNEM paie pour la dépollution du site.

Ensemble pour réfléchir aux futurs aménagements de cet espace situé à proximité de vos habitations, d’écoles et de zones naturelles.

Je passe la parole à monsieur le Maire pour les propositions municipales avancées suite à la longue réunion de cet après-midi avec la délégation de riverains et parents reçus en mairie (voir le communiqué). Celles-ci seront discutées lors de l’AG du collectif qui se tient samedi matin et à laquelle je participerai.

Je vous remercie.

Riva Gherchanoc

Adjointe déléguée à la santé, à l’égalité femmes/hommes, à la lutte contre les violences faites aux femmes